Le dix huitième siècle -II-

Le Théâtre à la Révolution



Le théâtre, durant la Révolution française connaît un essor spectaculaire : 4000 représentations sont données à Paris entre 1789 et 1800, 1637 pièces imprimées. Durant cette époque plusieurs pièces sont jouées en alternance et le programme change chaque jour.

Le 13 janvier 1791 une nouvelle loi permet à chacun d’ouvrir une salle de spectacle sur simple déclaration. Les salles se multiplient donc comme les spectacles. Ce cadre juridique durera jusqu’en 1807. Quant aux acteurs leur rôle de révolutionnaires (Collot d’Herbois par exemple) leur donne une légitimité de citoyens de plein droit.

La Comédie Française se nomme désormais, en 1789, le théâtre de la Nation; elle perd son monopole des œuvres du répertoire classique. En 1793, le théâtre est fermé et la troupe échappe de peu à la guillotine. La censure est rétablie par le régime de la Terreur.

Après Thermidor (27 juillet 1794) les représentations par et pour le peuple sont supprimées; les pièces « patriotiques » sont remplacées par des opéras-comiques ou des satires sociales (Serge Bianchi).

Le nouveau théâtre rend compte du mouvement révolutionnaire et le valorise. Les personnages principaux sont vêtus à l'antique car le modèle romain s'impose. Il reflète l’actualité politique et sociale: les textes sont plus réalistes, le vocabulaire et les tournures de phrases moins ampoulées. La règle des trois unités n'est plus imposée; le réalisme grandiloquent touche le jeu de l’acteur (ce dernier n'est plus face au public mais s'adresse à ses interlocuteurs).

Enfin, en opposition au théâtre de cour et à son aristocratie honnie les auteurs privilégient les valeurs de la Bourgeoisie. On y loue la famille, le travail mais on y fustige le luxe et l’oisiveté. On y défend et justifie les valeurs républicaines (religion débarrassée de sa hiérarchie, la citoyenneté, le patriotisme etc.)..