NAPOLEON

Les salons de musique

Le nouveau Conservatoire, voulu par Napoléon, forme des instrumentistes de très grande qualité. Il organise sous l'appellation "Exercices publics d’élèves" des concerts qui révèlent les compositeurs les plus prestigieux, comme Beethoven; ce dernier donne, pour la première fois en France, la grande Symphonie héroïque (1813 et 1814).

Trois théâtres lyriques acceuillent les amateurs : l’Académie impériale de musique (Opéra), l’Opéra-Comique et le Théâtre-Italien. Ce dernier, créé en 1801, est le théâtre lyrique préféré de l’Empereur, grand amateur de l’opéra italien. Parmi les oeuvres jouées pour la première fois à Paris figurent les trois grands chefs-d’œuvre de Mozart dans leur version originale: "Le Nozze di Figaro" (1807), "Così fan tutte" (1809), "Don Giovanni" (1811).
La musique religieuse, sous l'influence d'un catholicisme renaissant fait peau neuve.

Les symphonies de Méhul, les ouvertures de Cherubini, les pages lyriques de Le Sueur annoncent les grandes orchestrations du Romantisme.

Les thèmes, d'ailleurs, font appel à l'imaginaire, au fantastique et à la féérie; par exemple, Le Sueur donne à la toute nouvelle Académie impériale de musique son opéra "Ossian", "Les Bardes", "La Mort d’Adam" (1809), sujet biblique qui introduisait le personnage de Satan. En 1813, Cherubini produisait "Les Abencérages", une évocation de l’Espagne mauresque et andalouse.

Enfin, il était de bon ton de donner dans les Salons bourgeois et aristocratiques des représentations privées avec de la la musique de chambre ou des romances interprétées par des amateurs ou par des professionnels.