Le XIX°siècle

Le Mobilier

Le mobilier du premier empire n'a pas trop souffert de la furie révolutionnaire car la "Terreur" et son cortège de destructions étaient passés. Mais le savoir-faire et le bon goût du siècle précédent déclinaient sans cesse pendant la Restauration et sous le règne de Louis-Philippe.

Les intérieurs bourgeois réclamaient davantage de meubles et le recours à l'artisanat devenait prohibitif. Aussi, les intérieurs bourgeois ne devaient pas briller par leur délicatesse. La majeure partie des murs intérieurs étaient revêtus d'un papier peint triste et vulgaire.

Les meubles présentaient des formes raides ou tourmentées (il fallait effacer le goût de l'Antiquité, cher à Napoléon). Des tentures aux motifs floraux agressifs garnissaient tous les espaces libres : lits, fenêtres, portes, etc.

Le style Charles X présente des bois de teinte claire. Les artisans de la Restauration comme Jacob, F. Baudry, les Jeanselmes, L.F Puteaux, F. Rémond, Werner. ont des goûts plus modestes car les meubles qu'ils créent sont moins massifs.

La mode est au mélange des bois exotiques et domestiques comme l'orme ou l'érable. Le sycomore ou le noisetier accompagne le bois de rose, l'acajou ou l'ébène.

La marquèterie est redevenue à la mode; elle affiche des motifs représentant des palmiers, des ibis, voire des pharaons stylisée car des fouilles archéologiques sont menées en Egypte à cette époque.

Enfin, les montages à "queue d'arondes" sur chêne sont courants.

Le mobilier du second empire est assez varié, si on excepte le choix uniforme de l'ébène. De 1852 à 1870, FOURDINOIS, ébéniste officiel de la cour impériale, réconcilie la tradition artisanale avec le goût impérial. Les rembourrages capitonnés des chaises, divans et fauteuils sont souvent décorés de franges.

L'Art Nouveau apparaît à la fin du XIXe siècle. Il a recours à la tradition gothique, au rococo, même au baroque dans ses formes. Cet Art Nouveau figure dans deux centres artisanaux situés l'un à Nancy sous la férule de Louis MAJORELLE (1859-1926) et celle d' Emile GALLE (1846-1904). L'autre se trouve à Paris sous la responabilité de Samuel BING.

A Nancy, on notera le parallèle entre le rococo et l'Art Nouveau. Gallé préférait le végétal, composé d'éléments structurels en tiges ou en branches et se terminant par des fleurs.

A Paris, le bois et surtout le fer, ce nouveau matériau sorti des forges industrielles, imitait les entrelacements de l'art floral. Les entrées du métropolitain, les balcons des immeubles et les décorations intérieures en témoignent.

Les lignes sont tourmentées et sensuelles. La ligne droite classique est remplacée par la ligne ondoyante et rappelle, jusqu'à un certain point, l'ébénisterie du XVIIIe siècle.