La Renaissance

Le mobilier

Les artistes italiens ont façonné le goût de la cour de France sous les règnes de François Ier et d'Henri II. L'architecte Jacques du Cerceau influença les ébénistes, Hugues Sambin développe la sculpture de motifs classiques. Ainsi, les pieds des tables sont constitués de colonnes torsadées et les chaises comportent un dossier plein en chêne massif. La chaise à haut dossier ou 'cathèdre' présente souvent un fronton. Elle comporte un coffre dans son assise. Le dossier est formé de planches jointes sur lesquelles figurent des sculptures ornementales.
Comme les souverains se déplaçaient de château en château leur mobilier (d'où son appellation) se composait d'un coffre et d'un cabinet; Le coffre pour les effets personnels et le cabinet pour les objets précieux. La façade du coffre est décorée de putti, de médaillons, etc. Quant au dressoir il éblouissait les vassaux par la vaisselle d'argent ou d'or.

La table est semblable à la table romaine. Elle se compose d’un plateau rectangulaire reposant sur deux pieds extrêmes, eux-mêmes reliés par une entretoise. Le plateau est souvent orné de marbres et de pierres de couleur. Vers la fin du XVIe siècle, les tables comportent 6, 8 ou 9 pieds. Sous le plateau deux volets coulissants appelés 'tirettes' permettant d’en augmenter la surface. Le caquetoire et la cathèdre ou chaise à haut dossier sont constitués d'un fronton, d'un coffre situé sous le siège qui pouvait dissimuler les réserves de sel afin déchapper à l'impôt spécifique, soit 'la gabelle'.

Sous la Renaissance, les chevets de lit sont constitués, tout comme les sièges, de décors sculptés. Comme le lit fait désormais partie du mobilier familial, il figure souvent à l'inventaire des testaments car il reflète la condition sociale de ses occupants. Les femmes de condition font du lit un moyen d'étaler leur importance sociale. Les baldaquins qui assurent chaleur et intimité sont constitués d'un toit (ou dais) soutenu par quatre pieds tournés; le dais peut être maintenu en son centre soit par une suspension chevillée au plafond de la chambre, soit tendu horizontalement sur des entretoises renforcées. La longueur du dais rendait compte de la condition sociale de son occupant: si le dais était de même dimension que celle du lit c'est qu'un noble puissant y résidait alors qu'une dimension moindre caractérisait la petite aristocratie.

Les petites gens (serfs et manoeuvres) couchaient à plusieurs dans un lit unique d'abord pour se tenir chaud en hiver, ensuite parce que la pièce unique, d'ailleurs, ne dispensait guère de place suffisante. En outre, à la campagne, la cloison attennante au lit diffusait la chaleur de l'étable. A partir du XVe siècle, l'armoire remplace avantageusement le coffre de voyage. Puis, au siècle suivant , elle se dédouble en une partie inférieure et une partie supérieure, chacune présentant deux vantaux sculptés de figurines mythologiques, toujours à la mode italienne.



Les ornements architecturaux