Le siècle des Lumières

Le Théâtre

Les styles et les auteurs

Si Voltaire (1694-1778) introduit des sujets modernes en gardant la structure classique et l’alexandrin (Zaïre, 1732, Mahomet, 1741), l'austérité des moeurs de la Cour de versailles lors des derniers jours de Louis XIV entraîne, en réaction et sous la Régence, un retour des comédiens italiens chassés par Mme de Maintenon. Les thèmes sont désormais plus légers; les comédiens moins grandiloquents et les mises en scène plus vivantes.

Regnard et Lesage ont, eux aussi, marqué la comédie de mœurs avec" le Légataire universel" (Regnard, 1708) et "Turcaret" (Lesage, 1709). Quant à Marivaux (1688 -1763) c'est dans la "comedia dell'arte" qu'il puise son inspiration tout en la débarrassant des pitreries et pantalonnades habituelles: "Les Fausses Confidences" (1737), "Le Jeu de l'amour et du hasard" (1730); le "marivaudage" c'est la finesse de l'analyse du sentiment amoureux associée à la mise en question du couple "maître-valet". Beaumarchais(1732-1799) reprendra ce dernier thème dans des comédies : "Le Barbier de Séville" (1775) et "Le Mariage de Figaro" (1784) que l'on qualifierait aujourd'hui de politiques car c'est bien à une remise en question de la hiérarchie sociale que l'on assiste alors.

Le théâtre du XVIIIe siècle est caractérisé aussi par des genres nouveaux, aujourd’hui mineurs mais que le siècle suivant reprendra et transformera comme la comédie larmoyante et le drame bourgeois : on y représente des situations pathétiques que connaissent des familles bourgeoises. Quelques titres évoquateurs : "Le Fils naturel" (Diderot, 1757), "Le Père de famille" (Diderot, 1758), "Le Philosophe sans le savoir "(Sedaine, 1765), ou encore "La Mère coupable" (Beaumarchais, 1792).