La France au XVIII° siècle

Les Monarques



LOUIS XIV

Le règne très long de Louis XIV et la mort prématurée de son fils, puis de son petit fils devaient amener sur le trône de France, son arrière petit fils, âgé de 5 ans seulement. C'est donc Philippe d'Orléans qui allait assurer la Régence.



Philippe d'Orléans (1674-1721)

Grand chef des armées sous Louis XIV il assure la Régence pendant la minorité de Louis XV avec comme conseiller l'abbé Dubois. Pour rallier le Parlement de Paris à sa cause, il lui restitue le droit de remontrance; cela devait bloquer les réformes voulues par Louis XV en premier lieu, et par Louis XVI ensuite,avec comme conséquence, la révolution de 1789.
Le régent réside au palais royal qui devient, de 1715 à 1723, le cœur de la vie politique et artistique, supplantant Versailles. Il se livre à la débauche en compagnie de ses « roués » (méritant le supplice de la roue) et de sa fille Marie Louise Elizabeth d'Orléans. Il a, à son actif, la fin de la dette publique grâce au financier écossais Law et une paix durable avec les autres puissances européennes.



Louis XV (1610-1774)

Il perd, tour à tour, le cardinal Dubois comme principal ministre, puis son successeur, le Régent. Sous son règne absolu, la France connaît de grands succès militaires (Fleurus ou Fontenois) sur le continent européen et acquiert le duché de Lorraine et le duché de Bar, ainsi que la Corse. En revanche, elle perd le contrôle de la Nouvelle-France en Amérique, ainsi que sa prépondérance aux Indes.
C'est le cardinal de Fleury, prince du sang, qui devient alors le principal conseil du roi. Il réussit à équilibrer le budget, à développer les canaux vers l'Escaut et les Pays-Bas, et surtout à construire un réseau routier, sur l'ensemble du territoire national, depuis Paris, selon le schéma en étoile, vers la province. La marquise de Pompadour, sa maîtresse officielle, a une grande influence sur l'épanouissement des Arts durant le règne de Louis XV. Elle favorise le développement de la manufacture de porcelaine de Sèvres, et ses commandes assurent la subsistance de nombreux artistes et artisans. Elle joue également un rôle important en architecture, supervisant les travaux de la place Louis XV (futur haut lieu de la Révolution).Le Roi devenu impopulaire par sa vie dissolue n'est plus le "Bien-almé". La monarcvhie cristallise alors toutes les rancoeurs d'un peuple excédé par les frasques de la Du Barry et par un Parlement conservateur et hostile.



Louis XVI (1754-1793)

Il monte sur le trône à dix-neuf ans. Il est confronté, en particulier, après l'intervention française aux côtés des colons américains, à des difficultés financières importantes accompagnées de spéculations boursières.
Réformateur prudent, parfois hésitant, il tente de conduire avec ses ministres successifs des réformes de la monarchie. Il rétablit les parlements, réforme le droit des personnes (abolition de la torture en 1781 et 1788, abolition du servage dans le domaine royal en 1779, abolition du péage corporel des juifs d'Alsace en 1784, édit de tolérance des protestants en 1787) mais il bute sur les réformes de la fiscalité malgré son Ministre Turgot (réformes en 1774-1776, 1781, 1787 par deux fois). Son projet d'instaurer un impôt direct égalitaire (en remplacement de la taille inégalitaire), contrôlé par des assemblées provinciales élues, se heurte à l'hostilité des privilégiés, en particulier celle de la noblesse de robe, celle du Parlement de Paris et celle de la Cour de Versailles. Son successeur, Necker ne réussit pas mieux.
C'est Calonne qui poursuivra son oeuvre par la rénovation du port du Havre, de celui de Dieppe, de Dunkerque et de La Rochelle et la réfection de l'assainissement des villes de Lyon et Bordeaux. Il crée également de nouvelles manufactures. Il est à l'origine de la signature du traité Eden-Rayneval le 26 septembre 1786, traité de commerce entre la France et la Grande-Bretagne. La réforme fiscale et institutionnelle de Calonne amène la convocation d'une Assemblée des notables,puis des états généraux (1789).
Dès lors la révolution est en marche et louis XVI, roi devenu constitutionnel malgré lui, abandonne Versailles. Mais sa position reste ambigüe devant la coalition européenne contre la Révolution et, après sa fuite à Varennes, il est destitué et guillotiné. Marie-Antoinette d'Autriche le suivra de peu.