Le 18° siècle -I-

Les usages à table

La généralisation de l'assiette plate, puis de celle à soupe, mais surtout l'instauration de codes de l'art de la table révolutionnent les usages. Il n'est plus question de partager sa cuillère avec les autres. On dresse désormais la table avec des couverts de même matière et, si possible, dans un décor identique. Louis XV instaure la table ronde en limitant le nombre de convives. De plus en plus, une pièce particulière est adoptée dans les châteaux et les hôtels aristocratiques:
il s'agit, bien sûr, de la salle à manger.
Le verre est désormais affecté soit à l'eau, soit au vin. soit au Porto, un vin très à la mode.

En ce qui concerne la serviette, le doublier est une longue pièce de toile posée sur les bords de la table, elle servait autrefois à s'essuyer les mains et la bouche. Elle est désormais remplacée par la touaille, toile longue de quatre mètres et pliée en deux sur un bâton, accrochée au mur comme un torchon ou placée sur l'épaule du serviteur. Vers 1780, elle ne mesure plus que quelques dizaines de centimètres :

Cette nouvelle organisation aristocratique voit son apogée au XVIIIe siècle, lorsque le décor se concentre au milieu de la table, avec la multiplication des objets comme les surtouts ou les décors en fruits et fleurs artificiels.

La table accueille nombres d'ustensiles nouveaux : la louche (« cuillère à pot »), les cuillères à sel, à moutarde, à condiments, à sucre... ainsi que la saucière, le moutardier, l'huilier, le beurrier, le sucrier. La faïence commence à concurrencer l'orfèvrerie.

Mais l'adoption de tels comportements s'échelonne sur le temps et ne concerne que les nobles, puis les bourgeois au XIXe siècle.

. La perte d'influence et de notoriété du château de Versailles encourage le développement des Salons et des Cafés. Les premiers accueillent les aristocrates séduits par les idées nouvelles; les invités sont de grands scientifiques ou de grands philosophes; ils sont accueillis et animés par Mme Du Deffand, Mme du Châtelet ou Mme Geoffrin.
Les seconds, plus prosaïques attirent la bourgeoisie cultivée et certains aristocrates éclairés comme "Le Procope", le plus vieux café de Paris.